Un article de Stéphane Pinchon

L’urine que chacun d’entre nous produit à raison d’un litre et demi par jour environ, recèle en effet de l’azote, du phosphore et du potassium, trois nutriments indispensables à l’agriculture. On l’a oublié mais au XIXe siècle, ce sont les effluents des Parisiens qui, grâce à un système de collecte, fertilisaient les champs de la couronne parisienne. Cette économie circulaire a disparu au siècle suivant avec la généralisation du tout à l’égout et l’avènement de la chimie et des engrais de synthèse.
Outre sa richesse fertilisante, l’urine évacuée par notre système de toilettes conventionnelles représente une consommation d’eau potable non négligeable : dans le meilleur des cas une chasse d’eau à minima représente 3 L d’eau potable souillée mais peut atteindre 8 à 9 L sur certains système de chasse pour environ 200ml d’urine évacuée. ( à multiplier par le nombre de passages par jour pour aller uriner…) Aussi, le cout énergétique et infrastructurel pour traiter nos urines en station d’épuration est considérable du à la présence d’azote en quantité importante dans celle ci. Malgré un système de traitement en station une partie de cette azote se retrouve dans nos cours d’eau sous forme de nitrites et participe à l’eutrophisation de ceux ci.
On peut voir ainsi que l’utilisation de l’urine comme ressource et non comme déchet permettrai de réduire notre consommation en eau potable avec un système de collecte dédié et de réduire ainsi la pollution des eaux, de réduire la consommation d’énergie pour la production d’engrais et la dépollution des eaux. Ceci participant à une approche circulaire très cohérente.
Quelques liens :
Le pipi, fertilisant ou poison ?
Économie circulaire : Valoriser l’urine humaine, un enjeu de la transition écologique
