Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’INRAE et de l’Institut Michel Serres, s’intéresse depuis plusieurs années à la notion de robustesse, tant dans les systèmes biologiques que dans les organisations humaines. À travers ses recherches sur le développement des plantes et ses réflexions sur les défis contemporains, Hamant remet en question notre obsession pour l’optimisation et l’efficacité à tout prix. Il propose ainsi la robustesse comme un nouveau paradigme, inspiré des systèmes vivants, pour remplacer le culte de la performance, favorisant l’adaptabilité et la durabilité face aux incertitudes.

Dans un monde de plus en plus fluctuant, nous devons tourner le dos à la recherche de performance qui fragilise nos organisations. Nous ne pourrons jamais prévoir l’avenir, mais devons rester adaptables à toute situation.  

Olivier Hamant insiste ainsi sur un constat largement partagé par les scientifiques et les organisations internationales : le XXIe siècle est un monde en polycrise, marqué par des fluctuations multiples et interconnectées. Ces crises ne sont plus des événements isolés, mais des perturbations simultanées touchant des domaines aussi divers que le climat, l’économie, la société et la géopolitique.

Ces crises ne sont pas des anomalies, mais des manifestations d’un système global en déséquilibre structurel. Selon Hamant, la caractéristique principale de notre époque est l’entrée dans un monde de fluctuations constantes, où la stabilité du passé cède la place à l’incertitude. Les grands rapports internationaux, qu’ils viennent de la CIA, de l’OCDE ou du Forum Économique Mondial, s’accordent sur cette réalité : le siècle à venir sera marqué par des perturbations croissantes et imprévisibles, un phénomène que l’on décrit parfois sous le terme de « polycrise ».

Dans un tel contexte, les systèmes hyper-optimisés pour la performance sont particulièrement fragiles. Leur concentration sur l’efficacité maximale les rend incapables de s’adapter aux changements soudains ou imprévus. Ces crises actuelles révèlent donc la vulnérabilité intrinsèque des systèmes que nous avons créés, et appellent à une reconfiguration urgente vers des modèles plus robustes, capables de résister aux chocs multiples et complexes de notre époque. Nos organisations ont besoin de jeu, de marge de manoeuvre pour s’adapter continuellement. Pour façonner un système robuste, il faut écouter et intégrer tous les points de vue, s’enrichir des diversités, des incohérences, fonctionner en sous-optimalité.

Olivier Hamant propose un changement radical de paradigme : abandonner la performance comme objectif ultime pour embrasser la robustesse et la résilience. Cette approche, inspirée par les mécanismes de la nature, pourrait être la clé pour construire des sociétés capables de résister aux chocs à venir et d’assurer une transition durable vers un monde plus stable.

Vers un monde fluctuant : Repenser la robustesse face à la fin de la performance, un article très complet de « Les transitions.fr »

Souhaitons-nous de la robustesse? un podcast La Terre au carré de France inter (lire l’intro écrite avant de jouer la vidéo ou la bande son)