La politique de production industrielle de biomasse par méthaniseurs, une chimère à laquelle il est dangereux de s’accrocher, fût-elle autoproclamée « durable » ?
La transition agroécologique peut-elle vraiment justifier le soutien politique à la méthanisation ?
La méthanisation agricole se développe en France portée par deux promesses politiques : celle de contribuer à la transition énergétique en produisant du bio méthane, d’une part, et celle de participer à la transition agroécologique en faisant évoluer les systèmes agricoles, d’autre part. Mais cette seconde promesse peut-elle vraiment être tenue ?
La préservation, et plus que jamais la restauration, de la biodiversité ne sont-elles que des ambitions conservatoires, considérant la faune et la flore uniquement comme un patrimoine à transmettre ?
L’Humain, notamment dans les sociétés occidentales, s’est peu à peu déconnecté de son environnement naturel, physiquement et mentalement, jusqu’à se considérer comme un élément à part (au-dessus) du reste de la biosphère. Or, la vie humaine est bien dépendante du fragile équilibre écosystémique dans lequel il évolue, dont on ne connait pas encore la totale complexité. La biodiversité est bien l’un des fondements de cet équilibre global, et constitue de ce fait un enjeu de santé publique majeur, voire de survie.
Le lien entre biodiversité et santé humaine est aujourd’hui reconnu à l’échelle mondiale par l’approche » One Health » ou « une seule santé », qui appréhende les liens complexes entre la santé animale, la santé humaine et l’environnement dans une approche globale des enjeux sanitaires. « One Health » est une approche intégrée et fédératrice qui vise à équilibrer et optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Elle reconnaît que la santé des humains, des animaux domestiques et sauvages, des plantes, de la biodiversité microbienne et de l’environnement au sens large est étroitement liée et interdépendante.
La biodiversité est également un maillon essentiel de l’alimentation, et surtout d’une alimentation de qualité. Les pollinisateurs sont évidemment au centre de la production végétale, mais la biodiversité joue également un rôle majeur dans la fertilité des sols, garantie par le maintien de sols vivants dépendant de tout un écosystème microbien, végétal et animal, mis à mal par l’utilisation des phytosanitaires qui mettent en péril l’alimentation humaine et sa santé.
Nous intéresserons aujourd’hui à la biodiversité alimentaire et de son rôle sur notre microbiote. Une alimentation variée en termes de diversité d’espèces végétales consommées est essentielle à la santé pour son apport en fibres et en nutriments mais aussi en impactant directement notre microbiote et la façon dont il interagit avec notre santé en général.
(Vous pouvez retrouver l’intégralité du film « Vive les microbes ! » sur la boutique de location VOD d’ ARTE celui ci n’étant plus en accès libre, nous vous conseillons vivement son visionnage ! )
La COP30 au Brésil (du 06 au 21 novembre) peut-elle infléchir des années de « procrastination » climatique mondiale ?
Dix ans après la COP21 de Paris, le constat est sans appel. La planète vient de connaître son année la plus chaude, 2024, avec un réchauffement moyen dépassant pour la première fois +1,5 °C.
(Début de 2025, l’OMM a confirmé que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée avec une augmentation moyenne de 1,55 °C par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900) )
Ce seuil symbolique, censé ne jamais être franchi, met en lumière les limites des politiques actuelles et passées malgré les différentes COP qui se sont succédées depuis 30 ans.
La COP 30 de Belém en pleine forêt amazonienne doit donc raviver une ambition collective mise à mal par la fragmentation géopolitique, le retour des nationalismes et l’arrivée au pouvoir de climatosceptiques pourfendeurs du multilatéralisme, tout spécialement aux États-Unis…
Le Brésil, pays hôte, appelle à faire de cette édition une « COP de la vérité », centrée sur la mise en œuvre concrète des engagements pris depuis Paris, par la mise en œuvre d’ actions ambitieuses, innovantes et incluses dans un esprit de coopération associant toutes les parties prenantes (États, organisations internationales, collectivités locales, OSC, peuples indigènes, entreprises, citoyens, etc.)
Car entre promesses ajournées et coalitions aux intérêts divergents, les COP se suivent et démultiplient les arènes de négociation sans jamais vraiment réussir à accélérer l’action climatique…
Retour sur 30 ans de négociations aux COPs et comment Les organisations de la société civile jouent un rôle crucial et bousculent de plus en plus les arènes des négociations officielles.
La tendresse plutôt que la compétition ou comment redéfinir nos liens
La solitude est à l’origine de 871 000 décès par an dans le monde. Pour Pablo Servigne, Agronome tropical de formation, éthologue de métier, et docteur en sciences biologiques et surtout connu pour être l’auteur de « Comment tout peut s’effondrer » et « L’entraide, l’autre loi de la jungle », notre avenir exige de « retrouver la notion de village, de communauté.»
il fait paraître le Réseau des tempêtes, un manifeste pour une entraide populaire. Son parcours, à la croisée de la science, de l’éducation populaire et de l’activisme, en fait une figure atypique, un passeur entre les mondes de la raison et de l’émotion.
l’IPBES propose 71 solutions aux crises écologiques systémiques
Cette déclaration ne provient pas d’un slogan militant croisé dans une manifestation. Bien au contraire : c’est le Président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, qui pose ce constat le 16 septembre, dans le cadre d’un rapport annuel sur la transition écologique, en application de la loi climat résilience. Cette prise de position est loin d’être anecdotique et confirme que la prise en compte de l’urgence écologique est un sujet de société qu’on ne peut plus raisonnablement contourner, quelle que soit la problématique.
Nous vivons une période de crises et les catastrophes naturelles sur l’ensemble du globe encore nombreuses cet été l’ont rappelé : l’écologie ne saurait être mise de côté dans nos débats et dans nos préoccupations. Elle fait partie de l’équation sociétale, à tous les niveaux.
Perte de biodiversité, pénurie d’eau, insécurité alimentaire, risques sanitaires et changement climatique, toutes sont des crises indéniablement interconnectées. Pourtant malgré cette prise de conscience et ce constat établi et énoncé par l’une des plus hautes instances de l’état, les réponses politiques apportées à ces enjeux sont cloisonnées et mal adaptées à ces réalités complexes.
En parallèle et pour la première fois, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) propose 71 pistes de solutions à la hauteur des ces défis à relever. Ce rapport d’évaluation, fruit de trois ans de travail par 165 experts internationaux de premier plan provenant de 57 pays de toutes les régions du monde et connu sous le nom de rapport Nexus, offre aux décideurs du monde entier l’évaluation scientifique la plus ambitieuse jamais entreprise sur ces interconnexions complexes et explore plus de cinq douzaines d’options de réponse spécifiques pour maximiser les avantages connexes à travers cinq « éléments nexus » : la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique.
Végétalisation de l’alimentation et consommation de viandes : zoom sur la filière de la viande bovine en France et de sa nécessaire transformation Un article de Stéphane Pinchon
Alors que les faits s’accumulent de façon indéniable pour enclencher une véritable transformation de nos modes de production et de notre consommation de produits carnés (viandes mais aussi dans une moindre mesure produits laitiers), Qu’en est il de la filière de production de viandes bovines en France en regard des enjeux sanitaires et environnementaux ?
En effet depuis quelques années, les excès de consommation de viande, notamment de viande bovine, sont montrés du doigt du fait de leurs impacts sur la santé (maladies cardio vasculaires et cancers entre autres) et sur l’environnement (avec ces deux volets, climatique et protection de la biodiversité) mais aussi d’un point de vue éthique où le bien être animal rejoint notre nécessaire sensibilisation au vivant. Pour faire face à ces enjeux mais aussi pour accroître notre souveraineté alimentaire, que nous disent les études scientifiques ? Comment peuvent-elles nous aider à réorganiser l’élevage bovin pour le rendre plus durable et souhaitable du champ jusqu’à l’assiette ?
Analyse et petit tour d’horizon des pratiques souhaitées pour aborder cette nécessaire transformation avec cette article de The Conversation
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