Un champ de maïs, dans les Landes, le 9 juin 2025. (VERONIQUE TOURNIER / AFP)
C’est une nouvelle génération d’OGM que l’Union européenne veut introduire dans l’agriculture. Après les organismes génétiquement modifiés (OGM), L’UE a trouvé début décembre un accord pour permettre le développement de certaines plantes provenant de nouvelles techniques génomiques (NGT)
Les NGT permettraient aux plantes de s’adapter au changement climatique, de supporter la sécheresse, d’être davantage résilientes aux espèces nuisibles, aux maladies… Ce serait, pour certains acteurs, essentiel pour la sécurité alimentaire. Mais pour d’autres ce serait ouvrir la boite de Pandore en occultant de nombreux risques potentiels sur l’environnement et la santé et une main mise supplémentaire des firmes agrochimiques sur l’agriculture avec en arrière fond la directive OMNIBUS de l’Union européenne qui vise la suppression de la réévaluation régulière des pesticides dans l’Union européenne.
Du côté de la société civile, la mobilisation reste insuffisante, notamment parce que le sujet reste technique et peu médiatisé. Il reste pourtant une fenêtre d’action : le Parlement européen doit se prononcer en mai ou juin, et des pétitions circulent pour interpeller les députés sur l’étiquetage et la non-brevetabilité des plantes issues de séquences naturelles car l’accord européen distingue deux catégories de NGT. Dans l’une, les plantes ayant subi moins de 20 modifications génomiques — soit la quasi-totalité de celles actuellement développées — seront exemptées d’évaluation, de traçabilité et d’étiquetage. Et aucun État membre ne pourra s’y opposer… D’autre part la brevetabilité des NGT permettrait aux multinationales agrochimiques de réclamer des royalties à tout agriculteur utilisant une plante modifiée — voire contaminée à son insu…
Quels sont les arguments avancés ? Quels sont les risques pour la santé et l’environnement ? Faut-il s’en inquiéter ? Progrès scientifique ou danger : ces « nouveaux OGM » suscitent la controverse.
