Retour sur la biodiversité, pilier de la santé environnementale et humaine

Retour sur la biodiversité, pilier de la santé environnementale et humaine

La préservation, et plus que jamais la restauration, de la biodiversité ne sont-elles que des ambitions conservatoires, considérant la faune et la flore uniquement comme un patrimoine à transmettre ?

L’Humain, notamment dans les sociétés occidentales, s’est peu à peu déconnecté de son environnement naturel, physiquement et mentalement, jusqu’à se considérer comme un élément à part (au-dessus) du reste de la biosphère. Or, la vie humaine est bien dépendante du fragile équilibre écosystémique dans lequel il évolue, dont on ne connait pas encore la totale complexité. La biodiversité est bien l’un des fondements de cet équilibre global, et constitue de ce fait un enjeu de santé publique majeur, voire de survie.

Le lien entre biodiversité et santé humaine est aujourd'hui reconnu à l'échelle mondiale par l’approche " One Health " ou « une seule santé », qui appréhende les liens complexes entre la santé animale, la santé humaine et l’environnement dans une approche globale des enjeux sanitaires. "One Health" est une approche intégrée et fédératrice qui vise à équilibrer et optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Elle reconnaît que la santé des humains, des animaux domestiques et sauvages, des plantes, de la biodiversité microbienne et de l’environnement au sens large est étroitement liée et interdépendante. 

La biodiversité est également un maillon essentiel de l’alimentation, et surtout d’une alimentation de qualité. Les pollinisateurs sont évidemment au centre de la production végétale, mais la biodiversité joue également un rôle majeur dans la fertilité des sols, garantie par le maintien de sols vivants dépendant de tout un écosystème microbien, végétal et animal, mis à mal par l’utilisation des phytosanitaires qui mettent en péril l’alimentation humaine et sa santé.

Nous intéresserons aujourd'hui à la biodiversité alimentaire et de son rôle sur notre microbiote. Une alimentation variée en termes de diversité d’espèces végétales consommées est essentielle à la santé pour son apport en fibres et en nutriments mais aussi en impactant directement notre microbiote et la façon dont il interagit avec notre santé en général.

"Biodiversité alimentaire, microbiote et bien-être : la recherche explore les liens potentiels" article dans The Conversation, ici

Court interview de Marie Monique Robin sur son livre et film "Vive les microbes ! " qui traite du lien entre la diminution du contact avec le vivant, l’aseptisation de nos modes de vies et l’augmentation des maladies chroniques (allergies, asthme, maladie de Crohn, diabète, obésité) dans nos sociétés, ici

(Vous pouvez retrouver l’intégralité du film "Vive les microbes !" sur la boutique de location VOD d' ARTE celui ci n'étant plus en accès libre, nous vous conseillons vivement son visionnage ! )

La COP30 au Brésil

La COP30 au Brésil

La COP30 au Brésil (du 06 au 21 novembre) peut-elle infléchir des années de « procrastination » climatique mondiale ?

Dix ans après la COP21 de Paris, le constat est sans appel. La planète vient de connaître son année la plus chaude, 2024, avec un réchauffement moyen dépassant pour la première fois +1,5 °C. 

(Début de 2025, l'OMM a confirmé que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée avec une augmentation moyenne de 1,55 °C par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900) )

Ce seuil symbolique, censé ne jamais être franchi, met en lumière les limites des politiques actuelles et passées malgré les différentes COP qui se sont succédées depuis 30 ans.

La COP 30 de Belém en pleine forêt amazonienne doit donc raviver une ambition collective mise à mal par la fragmentation géopolitique, le retour des nationalismes et l’arrivée au pouvoir de climatosceptiques pourfendeurs du multilatéralisme, tout spécialement aux États-Unis... 

Le Brésil, pays hôte, appelle à faire de cette édition une « COP de la vérité », centrée sur la mise en œuvre concrète des engagements pris depuis Paris, par la mise en œuvre d' actions ambitieuses, innovantes et incluses dans un esprit de coopération associant toutes les parties prenantes (États, organisations internationales, collectivités locales, OSC, peuples indigènes, entreprises, citoyens, etc.) 

Car entre promesses ajournées et coalitions aux intérêts divergents, les COP se suivent et démultiplient les arènes de négociation sans jamais vraiment réussir à accélérer l’action climatique...

Retour sur 30 ans de négociations aux COPs et comment Les organisations de la société civile jouent un rôle crucial et bousculent de plus en plus les arènes des négociations officielles. 

ici dans cet article de The Conversation

L’entraide comme acte politique

L’entraide comme acte politique

« C’est la tendresse qui va sauver le monde » 

La tendresse plutôt que la compétition ou comment redéfinir nos liens

La solitude est à l’origine de 871 000 décès par an dans le monde. Pour Pablo Servigne, Agronome tropical de formation, éthologue de métier, et docteur en sciences biologiques et surtout connu pour être l'auteur de "Comment tout peut s'effondrer" et "L'entraide, l'autre loi de la jungle", notre avenir exige de « retrouver la notion de village, de communauté.» 

 il fait paraître le Réseau des tempêtes, un manifeste pour une entraide populaire. Son parcours, à la croisée de la science, de l’éducation populaire et de l’activisme, en fait une figure atypique, un passeur entre les mondes de la raison et de l’émotion.

Retrouvez son approche dans cet article de " La Relève et La Peste " 

Des pesticides dans les nuages : les dessous d’une étude inédite 

Des pesticides dans les nuages : les dessous d’une étude inédite 

Une équipe franco-italienne a pu analyser six échantillons d’eau de nuage prélevés au sommet du massif auvergnat du puy de Dôme à différentes saisons, entre 2023 et 2024.

Les chercheurs y ont décelé 32 pesticides différents, dont plusieurs interdits en Europe depuis plus d’une décennie. Un tiers des échantillons présentaient également une concentration totale de pesticides supérieure aux taux réglementaires pour l’eau potable.

Leur travail pionnier a aussi permis d’estimer, pour la première fois, la quantité de pesticides qui se trouveraient dans l’ensemble des nuages bas et moyens de France hexagonale, soit de 6 à 139 tonnes. 

Retour sur cette publication inédite, avec sa première autrice dans cet interview de The Conversation ici

Éloge des feuilles mortes, carburant indispensable des écosystèmes

Éloge des feuilles mortes, carburant indispensable des écosystèmes

On les balaie, on les souffle, on chante la mélancolie de leur chute inexorable.

L’automne est la saison des feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle, qu’on sublime à travers force poèmes et chansons. Ce qui est sans doute moins connu, c’est le rôle crucial que jouent ces feuilles qui tombent pour la croissance des plantes, la séquestration du carbone, la riche biodiversité qu’elles habitent. Avant donc de songer, peut-être, à ratisser votre jardin automnal pour le débarrasser de tout ce tas de feuilles qui grossit à mesure que l’hiver approche, gardez donc en tête qu’un écosystème en bonne santé sait bien se débarrasser de ces feuilles, qui lui sont très utiles. 

Et voici comment dans cet article de The Conversation ici

Une agriculture 100 % bio en France est-elle possible ?

Une agriculture 100 % bio en France est-elle possible ?

On sait qu’elle est meilleure pour la santé humaine et pour celle des écosystèmes, pourtant elle reste minoritaire aujourd’hui en France. On prétend souvent que sa généralisation augmenterait nos importations, car elle diminuerait le volume de notre production agricole… Or le débat est souvent mal posé et peut sembler ironique quand on entend les craintes de dépendance aux importations que soulèvent les sceptiques du bio, car l’agriculture française est déjà aujourd’hui très dépendante des produits importés (intrants de synthèse azotés, tourteaux de soja, équivalence de 680 000 hectare de fruits et légumes importés…) En outre, notre système alimentaire actuel conventionnel représente un coût caché faramineux de 170 milliards d'euros équivalent au prix total des denrées alimentaires consommées en France !

Or selon l’agronome Michel Duru directeur de recherche à l'INRAE, cette problématique de moindre rendement pourrait être dépassée en végétalisant notre alimentation et en réduisant notre consommation de viande, et donc la part du territoire actuellement consacrée à l’élevage. Une approche plus sobre, qui serait aussi bénéfique pour la santé que pour la biodiversité.

Illustration et mis en abime autour de cette question dans cet article de synthèse de The Conversation ici

Climat, Santé, biodiversité : « Il est indispensable et urgent d’agir »

Climat, Santé, biodiversité : « Il est indispensable et urgent d’agir »

l'IPBES propose 71 solutions aux crises écologiques systémiques

Cette déclaration ne provient pas d'un slogan militant croisé dans une manifestation. Bien au contraire : c'est le Président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, qui pose ce constat le 16 septembre, dans le cadre d'un rapport annuel sur la transition écologique, en application de la loi climat résilience. Cette prise de position est loin d'être anecdotique et confirme que la prise en compte de l'urgence écologique est un sujet de société qu'on ne peut plus raisonnablement contourner, quelle que soit la problématique. 

Nous vivons une période de crises et les catastrophes naturelles sur l'ensemble du globe encore nombreuses cet été l'ont rappelé : l'écologie ne saurait être mise de côté dans nos débats et dans nos préoccupations. Elle fait partie de l'équation sociétale, à tous les niveaux.

Perte de biodiversité, pénurie d’eau, insécurité alimentaire, risques sanitaires et changement climatique, toutes sont des crises indéniablement interconnectées. Pourtant malgré cette prise de conscience et ce constat établi et énoncé par l'une des plus hautes instances de l'état, les réponses politiques apportées à ces enjeux sont cloisonnées et mal adaptées à ces réalités complexes. 

En parallèle et pour la première fois, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) propose 71 pistes de solutions à la hauteur des ces défis à relever. Ce rapport d'évaluation, fruit de trois ans de travail par 165 experts internationaux de premier plan provenant de 57 pays de toutes les régions du monde et connu sous le nom de rapport Nexus, offre aux décideurs du monde entier l'évaluation scientifique la plus ambitieuse jamais entreprise sur ces interconnexions complexes et explore plus de cinq douzaines d'options de réponse spécifiques pour maximiser les avantages connexes à travers cinq "éléments nexus" : la biodiversité, l'eau, l'alimentation, la santé et le changement climatique.

Retrouvez la présentation de ce rapport avec ses enjeux et son contexte dans cet article de Mr Mondialisation ici

Rapport NEXUS : Retrouvez ce rapport avec ses chiffres et principales statistiques et conclusions thématiques pour chaque éléments ici

Chantier à la ferme de septembre

Chantier à la ferme de septembre

Tout d'abord un grand merci à tous les participant(e)s !

La mobilisation pour ce chantier a payé et le désherbage de plusieurs planches va permettre à Nicolas de gagner un temps précieux pour les futures cultures. Côté potager, nous avons pu constater que les cultures des divers oignons ont été particulièrement réussies avec un très bon rendement qui nous permettra ainsi d'en profiter une grande partie de l'année. Côté parcelle expérimentale de Nicolas, le projet basé sur l'arrosage par eau de pluie et de sa récupération promet au vu des premiers rendements de courges de très bons espoirs !

Voici ce chantier en images

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L’éducation populaire aujourd’hui et ses enjeux

L’éducation populaire aujourd’hui et ses enjeux

En ce début de 21ème siècle de nouvelles formes d'éducations populaires voient le jour. 

L'éducation populaire issue d'une longue histoire politique après guerre, voit fleurir de nouvelles formes qui réembrassent un potentiel contestataire et politique longtemps mis en sourdine ces dernières décennies. Inspirées par le riche héritage des pédagogies alternatives (émancipations féminines, instituteurs et pédagogies libres ...) mêlant volontiers expériences vécues, théorie et pratiques manuelles, ces nouvelles formes inventent de nouveaux outils pour sortir les savoirs critiques des bibliothèques. Avec pour objectif commun de nourrir la puissance d'agir démocratique contre les inégalités environnementales. Des potagers partagés aux actions collectives pour la rénovation des bâtiments, l'écologie se fait ainsi à bas bruit une place dans le quotidien et les revendications des habitants de quartiers populaires, mêlant ainsi les savoirs "agir et penser" ensemble pour s'outiller faces aux offensives réactionnaires et tracer les chemins d'un écologie sociale et populaire. 

En extrait à lire plus bas, quelques passages de la revue SOCIALTER sur l'histoire politique de l'éducation populaire jusqu'à aujourd'hui. Retrouvez l'intégralité du dossier dans le numéro sortie au printemps 2025.

(suite…)
Végétalisation de l’alimentation et consommation de viandes

Végétalisation de l’alimentation et consommation de viandes

Végétalisation de l'alimentation et consommation de viandes : zoom sur la filière de la viande bovine en France et de sa nécessaire transformation 
Un article de Stéphane Pinchon

Alors que les faits s'accumulent de façon indéniable pour enclencher une véritable transformation de nos modes de production et de notre consommation de produits carnés (viandes mais aussi dans une moindre mesure produits laitiers), Qu'en est il de la filière de production de viandes bovines en France en regard des enjeux sanitaires et environnementaux ? 

En effet depuis quelques années, les excès de consommation de viande, notamment de viande bovine, sont montrés du doigt du fait de leurs impacts sur la santé (maladies cardio vasculaires et cancers entre autres) et sur l’environnement (avec ces deux volets, climatique et protection de la biodiversité) mais aussi d'un point de vue éthique où le bien être animal rejoint notre nécessaire sensibilisation au vivant. Pour faire face à ces enjeux mais aussi pour accroître notre souveraineté alimentaire, que nous disent les études scientifiques ? Comment peuvent-elles nous aider à réorganiser l’élevage bovin pour le rendre plus durable et souhaitable du champ jusqu’à l’assiette ? 

Analyse et petit tour d'horizon des pratiques souhaitées pour aborder cette nécessaire transformation avec cette article de The Conversation